RIO, VILLE DE TOUS LES CLICHÉS. FONDÉ OU PAS ?

Rio de Janeiro, située dans l’État de Rio, est la deuxième plus grande ville du Brésil. Elle abrite environ 7 millions d’habitants, que l’on appelle les Cariocas. Elle doit son nom à des explorateurs qui confondirent sa baie avec l’embouchure d’un fleuve et qui lui donnèrent le nom de «Fleuve de Janvier» (Rio de Janeiro). Le développement y est impressionnant ; Cernée de montagnes et de verdure, chaque endroit, même le plus improbable, à flanc de colline par exemple, semble avoir trouvé preneur. Les brésiliens ont coutume de dire que Dieu est l’artiste et Rio son chef-d’œuvre : le premier coup de pinceau a été le bleu (la mer), puis, l’encre verte a jailli sur la toile pour se transformer en forêt. Sont venues les montagnes et l’eau qui coulait par-dessus. Imaginez un peu… En proie aux clichés les plus fous, parfois fondés, parfois exacerbés, Rio à bien plus à offrir et a été le coup de cœur de notre périple brésilien. 

LA QUESTION DE LA VIOLENCE, DE LA SÉCURITÉ ET DES FAVELAS

Le Brésil et Rio nous faisaient de l’œil depuis un moment mais la mauvaise pub faite par les médias et les récits négatifs des voyageurs ont largement contribué à repousser encore et encore ce séjour. Puis, fin 2014, on s’est dit « on y va, on verra bien » ! Tous les brésiliens que nous avons rencontré et qui baragouinent quelques mots d’anglais, nous ont dit que le Brésil était un pays dangereux mais qu’il serait dommage de se priver de ses paysages magnifiques. C’est un pays pauvre et les inégalités sociales sont très marquées. Le taux de criminalité est élevé mais sincèrement, il ne faut pas tomber dans la psychose. Nous avons pris beaucoup de précautions avant de partir… peut être un peu trop : pas de bijoux, pas de vêtements de marque… que des choses discrètes. Nous avons même hésité à prendre notre reflex, heureusement que nous n’avons pas fait cette erreur.

Entrons dans le vif du sujet : nous logions à l’hôtel Ibis dans le quartier populaire de Copacabana. Très bon emplacement, à trois minutes à pied de la plage, du métro, du marché et des petits commerces. Nous ne nous sommes jamais sentis en insécurité. Nous nous baladions avec des vêtements simples (short, débardeur, t-shirt et tongs) et avions un petit sac à dos en toile noire qui servait à transporter notre appareil photo en toute discrétion. Nous avons déambulé sans encombre dans les quartiers de Copacabana, Lapa,  Santa Teresa, Ipanema et Leblon. Nous nous sommes mélangés aux Cariocas un jour de marché et avons pris le temps de faire quelques clichés des étales colorées, sans qu’il ne se passe quoi que ce soit. Il nous est arrivé de croiser quelques loustiques que l’on préfère rencontrer en pleine journée plutôt qu’en pleine nuit… Mais ça, c’est un peu comme partout ! Peut être sommes-nous passés au travers des gouttes ? en tout cas, tout s’est bien passé. 

IMG_0361

Si nous avions 4 conseils à vous donner pour ne pas tenter le diable : 

⇒ Faites preuve de bon sens

⇒ N’exhibez pas votre richesse et ne sortez pas avec votre artillerie.

⇒ Gardez 50 R$ (15€) à portée de main en cas de problème.
Généralement, cette somme suffit à faire partir les agresseurs.

⇒ Restez dans les endroits où il y a du monde, ne vous aventurez pas
dans des ruelles désertes

Cliché N°1 : la violence. Fondé mais exacerbé. Oui, il y a un risque mais les touristes sont très peu concernés. La guerre des gangs et les balles perdues font surtout beaucoup de mal aux habitants des favélas.

LES FAVELAS 

IMG_0411

Vous allez être surpris d’apprendre qu’une favela est une plante que l’on trouvait en masse sur la Morro de la Favela (la colline de favela) dans l’État de Bahia. En 1896, les soldats de la guerre des Canudos y installèrent leur base. À la fin de cette guerre, ils furent relogés sur les pentes de la ville de Rio de Janeiro et décidèrent de baptiser leur quartier « favela » en hommage à leur ancien campement. Après la seconde guerre mondiale, faute de logement, les brésiliens s’installèrent en nombre sur ces terrains qu’ils occupent, aujourd’hui encore, illégalement. C’est ainsi l’histoire des bidonvilles que l’on a tous en tête.

On compte aujourd’hui, à Rio, 600 favelas abritant 1 400 000 habitants soit prêt de 20% de la population. Et nous, on fait partis des 5% à s’être immergés dans l’une d’elle, à la rencontre des cariocas. Nous n’y sommes pas allés seuls, on est aventuriers mais pas fous quand même. Madson, guide à Rio nous y a accompagné et nous a beaucoup appris de l’histoire et du mode de vie des brésiliens. La Favela Tavares Bastos est l’une des plus sûres de Rio depuis 15 ans. La pérennité de la sécurité dans ces habitations est le principal problème : depuis 2008, de nombreux efforts ont été faits pour pacifier (= sécuriser) les bidonvilles et beaucoup de trafiquants ont été envoyés derrière les barreaux. L’UPP (= Unité de Police Pacificatrice) et la BOPE (= Bataillon des opérations spéciales de police) ont investis environ 250 favelas, dont les plus grandes et les plus dangereuses Rocinha et Alémao, mais cela ne suffit pas. Aujourd’hui, certains narcotrafiquants ont purgé leur peine, réintègrent les favelas et reprennent le trafic.

Est-ce qu’une favela c’est comme à la TV ? Et bien oui…  Tavares Bastos est accessible depuis le quartier populaire Catete. Le ton est donné dès le départ : on monte, on monte, sur environ 1,5 km jusqu’à atteindre le début du quartier. Les habitants le font à pied plusieurs fois par jours. Lorsqu’ils en ont les moyens, ils appellent les motos-taxi situées à l’entrée de la favela. Arrivés en haut, nous sommes surpris de constater que les murs sont recouverts de graffitis. Madson nous dit qu’ils servent de support publicitaire. Le thème du moment était la violence contre les femmes. Il nous explique aussi que faute de divertissements, les hommes passent beaucoup de temps au bar du coin et boivent jusqu’à pas d’heure. Certains, une fois rentrés chez eux, battent leur femme. Les murs étaient remplis de dessins colorés et de messages de sensibilisation.  En progressant dans la favela nous nous faisons la remarque que c’est comme à la télé en plus propre. En effet, la mairie accepte d’envoyer les services publics dans les favelas sécurisées. Ce n’est pas le grand luxe, loin de là, mais Tavares Bastos dispose quand même d’infrastructures (électricité, égouts, collecte de déchets, école, commerces…) contrairement à d’autres bidonvilles. Il y a même un club de jazz très renommé, le MAZE, qui accueille le beau monde de Rio. Nous traversons la favéla d’un bout à l’autre, c’est très étriqué, sombre, plein de recoins, d’escaliers et de fils électriques qui pendent (les plus d’1m70, pensez à regarder en l’air). Nous atteignons le point culminant avec vue sur le Pain de Sucre. Magnifique. En redescendant, nous croisons quelques habitants, quelques familles sympathiques. Nous finissons l’immersion devant un match de foot au cœur de Tavares Bastos.

IMG_0344

Cliché N°2 : les favelas c’est sale, ça craint et il n’y a que des gens pauvres. Oui pour certaines toujours gangrénées par les gangs et non pour celles pacifiées. Attention, nous ne disons pas qu’il n’y a pas de risque et que les conditions de vie sont normales. Simplement que certaines favelas ne sont pas complètement délaissées par les pouvoirs publics et que les habitants se mobilisent afin d’améliorer leur cadre de vie. À ce propos, les favelas pacifiées accueillent différentes classes sociales : de la plus pauvre (smic 250€), à la moyenne (630€). Certaines familles y habitent depuis des générations et lorsque leur situation économique évolue positivement, elles peuvent rehausser et agrandir leur maison.

IMG_1848

Merci à Madson pour nous avoir accompagné et appris toutes ces choses sur la vie des cariocas tout au long de cette journée.

LE FOOTBALL EST-IL VRAIMENT UNE RELIGION ?

On a vraiment plus aucun doute la dessus ! Les brésiliens vibrent au rythme du football.  Que ce soit sur la plage, dans les rues ou sur les terrains de foot, ils ont toujours un ballon avec eux et sont toujours au rendez-vous les jours de match.  C’est valable dans tout le Brésil et particulièrement à Rio qui compte, à elle seule, trois clubs en série A : Fluminense, Vasco de Gama et Flamengo. Malheureusement nous n’avons pas eu cette chance, mais il est possible d’assister à un match, il paraît que l’expérience est extraordinaire. En revanche, nous avons visité le mythique Stade Maracana. Une fois votre entrée payée (12€), vous pouvez vous balader tranquillement à l’intérieur : de l’espace presse à l’espace vip en passant par les gradins et les vestiaires. Un conseil, gardez la descente sur la pelouse pour la fin. Vous vous retrouverez en bas du stade et pourrez admirer son immensité et ses couleurs : il peut accueillir 70 000 personnes. Les sièges jaunes et bleus associés au vert de la pelouse représentent les couleurs du drapeau brésilien. Avant de partir, vous pourrez faire un arrêt au niveau zéro où sont exposés des objets liés à des moments footballistiques importants. On y trouve par exemple le ballon avec lequel Pelé a marqué son 1000ème but.

IMG_9665

Le stade a été inauguré en 1950 et complètement refait pour accueillir la Coupe du Monde 2014. Seule la structure est d’origine. 200 000 personnes ont réussit à s’y entasser lors de la finale de la Coupe du Monde de 1950. Il n’en a pas été de même en 2014 puisque la Seleçao n’a pas atteint cette phase de la compétition. Les travaux ont coûté 300 millions d’Euros pour un seul match joué par la sélection, en ouverture. (Ne réveillez pas la douloureuse, évitez de le rappeler aux cariocas. Ils savent que nous sommes français et nous recalent en ½ secondes en parlant du bus de Knysna).

Cliché N°3 : Le temple du ballon rond. Fondé, pas d’équivoque possible !

LES BRÉSILIENNES SONT TOUTES DES BOMBES EN STRING SUR LA PLAGE. C’EST VRAI ÇA ?

Le string est le roi des plages à Rio. Les cariocas portent une attention obsessionnelle à leur corps. Alors que nous, françaises, sommes plutôt pudiques, les brésiliennes, elles, dévoilent sans complexe leurs fesses. Selon moi, (et ce n’est pas de la jalousie), le fil dentaire qui est coincé entre leurs fesses, c’est vraiment histoire de dire « je ne suis pas à poil ». Elles le portent toutes, sans exception : qu’elles soient rondes, galbées, refaites, musclées, masculines, jeunes ou vieilles, le string est bel et bien  le dénominateur commun sur la plage ! Les filles, pensez-y avant de partir ! Moi, on ne m’avait pas prévenu et c’était plutôt « culotte de grand-mère made in France, en vacances à Rio ». En revanche, rassurez-vous… ce ne sont pas toutes des bombes ! Le contraste est saisissant, notamment sur la plage : Il y a tous les gabarits mais il y a beaucoup de très bons gabarits. Certaines très mince cultivent leur apparence pendant que d’autres s’adonnent à un autre sport : « l’engloutissement de beignets frits ». Et là, le mythe de la top brésilienne tombe en pièce… Non, non, j’vous jure, c’est pas d’la jalousie:-) c’est vraiment comme ça !

Processed with Moldiv

Cliché N°4 : string, mythe ou réalité ? Réalité. Sur les plages de Rio, les femmes ne connaissent rien d’autre que le string. En revanche, oubliez les clips à la télé… Ils ne reflètent pas la réalité.

HAVAIANAS, KEZACO ?

Les Havaianas sont les tongs que l’on paye 30 € en France et 11 au Brésil. Laissez vos baskets au placard et faites comme les brésiliens qui ne portent que ça. On trouve des revendeurs un peu partout, alors partez sans tongs et achetez en là bas ! Elles coûtent deux fois moins cher que chez nous. 

IMG_0481

Cliché N°5 : les rois de la tongs. Fondé. Les tongs et le string sont les pièces « in » du dressing cariocas. Si vous n’en avez pas, vous êtes « has been ».

Les clichés mènent la vie dure à la ville de Rio de Janeiro et du Brésil en général. Malheureusement, nous sommes forcés de constater qu’il y a un fond de vérité. En revanche, nous pensons qu’ils sont surfaits et qu’il serait dommage de passer à côté d’un aussi beau pays. Les habitants sont sympas, l’ambiance est festive, la place du foot sans demie mesure et la nature, la faune et la flore abonde sauvagement où que vous soyez. Préparez bien votre voyage, faites preuve de bon sens et partez l’esprit tranquille. Une fois rentré, vous n’aurez qu’une envie… y retourner.

IMG_1139    Auteur : Alisson

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

w

Connexion à %s